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Coton biologique, alternative humaine et responsable

Short en coton biologique

WESS et le coton biologique ça donne quoi ?

Chez Wess, on met un point d’honneur à proposer des vêtements en coton biologique et certifiés comme tels par des labels reconnus et sûrs.  

Short tropical en coton biologique     Combishort en coton biologique   Robe épaules dénudées en coton biologique

Même si peu d’entre nous sont des experts en culture du coton, nous sommes beaucoup à savoir que le coton fait partie intégrante de nos vies.  Son utilisation remonterait aux temps préhistoriques.

Aujourd’hui, elle est la fibre naturelle la plus utilisée dans le monde. Le coton a une place importante dans nos vies quotidiennes. Du moment où l’on se sèche le visage le matin à l’aide d’une serviette, jusqu’au soir au moment de se démaquiller. Il a des centaines d’utilisations, du pantalon en jean aux lacets de chaussures.

Mais c’est aussi un désastre écologique. Notamment à cause des différents produits utilisés à chaque étape du processus de création. C’est à dire de la culture au produit fini.

Alors, hop hop hop, tournons-nous vers des produits en coton biologique ! La transition est nécessaire afin de limiter l’utilisation à grande échelle d’engrais, de substances chimiques néfastes pour la terre, l’eau, l’air et l’homme. 

Zoom sur le coton conventionnel

Bon alors, comme on vous le disait, la culture du coton est l’une des plus polluantes. Pour mieux comprendre pourquoi, voici quelques détails sur sa culture ou sa transformation en textiles. Mais aussi son impact négatif sur l’environnement, la biodiversité  et la vie de millions d’hommes, femmes et enfants.

Alors tout d’abord, les bases :

La fibre de coton que l’on retrouve dans les produits que nous utilisons est extraite des bourres de coton. Celles-ci poussent autour des graines du cotonnier.

 

Le saviez-vous ?
Les 
cotonniers peuvent mesurer jusqu’à dix mètres. Lorsqu’ils sont cultivés, on limite leur poussée à un ou deux mètres afin de rendre la récolte du coton plus facile.

 

Pour cultiver du coton, de grandes quantités d’eau sont nécessaires. C’est pourquoi la culture du cotonnier se fait majoritairement dans des zones pluviales telles que l’Afrique subsaharienne, l’Inde ou les États-Unis. Elle a également lieu sur des surfaces moins concernées par la pluie. Celles-ci sont de ce fait irriguées afin d’obtenir un rendement optimal, comme par exemple l’Ouzbékistan, le Pakistan ou l’Égypte.

Le coton est cultivé dans plus de quatre-vingt dix pays, via des modes de culture et des tailles d’exploitation relativement différentes : de la monoculture intensive à très hauts rendements, à la culture traditionnelle dans le cadre de petites exploitations agricoles.

En 2015, trente trois millions d’hectares à travers le monde étaient dédiés à la culture du coton ce qui représente environ 2,5% des terres arables du monde. Plus de 90% sont de petits exploitants de coton travaillant et vivant sur des exploitations de moins de deux hectares, principalement dans des pays en développement ou émergents.

Quelles sont les grandes étapes de fabrication d’un simple t-shirt en coton non biologique ?

Avant d’arriver dans nos placards, celui-ci aura bien souvent le droit à un tour du monde. Chacune des étapes de sa conception se déroule, en général, à un endroit particulier du globe.  

Comment dit précédemment, la première étape de la confection d’un t-shirt consiste à cultiver puis récolter le coton. Une fois le processus de récolte finalisé, le coton récolté à travers le monde est transporté jusqu’à des ateliers où les bourres de coton seront tissées entre elles.

La plupart de ces ateliers se trouvent en Indonésie, au Bangladesh ou en Colombie. Cette étape de la conception est généralement réalisée par des machines. À peine les fils assemblés entre eux pour former le tissu, c’est déjà le moment de repartir sur la route.

Cette fois-ci, la plupart des tissus seront emmenés dans de nouveaux ateliers localisés en Thaïlande, en Inde, en Chine, ou en Indonésie ou au Bangladesh à nouveau.

À cette étape de la conception, la main d’oeuvre humaine est moins chère que l’utilisation de machines et donc plus importante. Il est commun que des employés d’ateliers textiles travaillent dans des conditions exécrables, notamment dans le but de minimiser les coûts et croître les bénéfices. Ces détails ne sont pas sans rappeler les déplorables incidents dans les fabriques bangladaises exploitées par de grandes affiches de la fast fashion.

Finalement, l’étape finale consiste à la réalisation de différents traitements d’ennoblissement comme la teinture, l’obtention d’un tissu plus doux ou l’impression de motifs. Cette étape est généralement très gourmande dans l’utilisation de produits toxiques divers et donc grandement nocifs pour l’environnement et pour les travailleurs. 

 

Femmes dans un champ de coton biologique
Femmes travaillant dans des champs de coton

Et si on imaginait et quantifiait tout ça avec quelques chiffres ?

  • Chaque seconde, environ huit cent neuf kilos de coton sont fabriqués dans le monde.
  • La fabrication d’un t-shirt basique nécessite environ trois cents grammes de fil.
  • Pour fabriquer ces trois cents grammes de fil, il faut environ 1,3 kg de coton ayant été préalablement égrenés et nettoyés.
  • Pour 1,3 kg de coton, approximativement quatre cents capsules de coton devront être récoltées (le plus souvent à la main par des cueilleurs)
  • La récolte de ces quatre cents capsules, nécessite en moyenne vingt-huit arbustes et 14 m2 de terre. Un bon cueilleur récolte cette quantité de coton en environ dix minutes.

La culture conventionnelle du coton, un désastre écologique et humain

On considère qu’elle infecte plus de vingt millions de personnes chaque année.  Les traitements successifs que subit le coton (dans la production conventionnelle) sont réalisés par le biais de produits très nocifs.

Elle utilise approximativement 1/4 des pesticides (en troisième place après le riz et le blé) et 10% des insecticides mondiaux alors qu’elle utilise seulement 2,5% des surfaces agricoles mondiales (Source OMS).

Sans oublier de rajouter que du chlore ou du plomb sont utilisés pour le blanchiment. Mais également que les teintures conventionnelles contiennent des métaux lourds. L’utilisation intensive de produits chimiques de synthèse pollue et appauvrit les sols, les rendant stériles à long terme. Elle contamine également les eaux et est donc directement liée à la perte de biodiversité de certains espaces.

La culture du cotonnier a un besoin constant d’eau. Il faut environ 2,700 litres d’eau – ce qu’une personne boit en environ deux ans et demi – pour fabriquer une chemise en coton. Cette culture représente des centaines de millions de mètres de cubes d’eau d’irrigation. Ce qui peut très rapidement se transformer en fléau environnemental.

L’exemple le plus frappant est celui de la Mer d’Aral qui a pratiquement disparu. Son assèchement est lié à la transformation de steppes désertiques aux alentours en champs de coton. Mais aussi au détournement des deux fleuves alimentant la mer pour répondre aux besoins hydriques des cotonniers.

Dans son rapport Dirty Laundry 2, Green Peace met en avant la présence de produits toxiques (finissant par des -ol, des -ates, à dormir debout) dans de nombreux vêtements neufs achetés chez de grandes enseignes. Les composants chimiques trouvés sur les échantillons sont notamment des perturbateurs endocriniens, toxiques pour l’homme et pour l’environnement.   

Transition vers le coton biologique

L’apparition d’une offre alternative à la culture traditionnelle du coton remonte au début des années quatre vingt dix.

Le coton biologique est cultivé en utilisant des méthodes et des matériels ayant un impact positif sur l’environnement. Les systèmes de production biologique réapprovisionnent de nouveau et maintiennent la fertilité du sol, réduisent l’utilisation de produits toxiques, de pesticides et d’engrais et participent à la construction d’une l’agriculture biologiquement diverse.

En 2016, le coton biologique était cultivé dans 18 pays différents, avec en tête, l’Inde, la Chine, le Kyrgyzstan, la Turquie et le Tajikistan.

L’orientation vers le coton biologique est une source de sécurité pour les paysans, notamment dans les petits pays producteurs. Celle-ci n’étant pas soumise à la spéculation, une garantie de pérennisation du revenu se met en place.

Dans la culture conventionnelle du coton, une des premières sources de dépendance et d’endettement des pays est l’achat d’engrais. C’est également une des raisons pour laquelle, en passant au coton biologique, leurs investissements sont minimisés et leurs chances de sortir de l’engrenage de l’endettement augmentent.

Le fait d’avoir de la compassion pour le monde et pour les personnes avec lesquelles nous le partageons est un choix de vie. Le choix de consommer du coton biologique fait partie de ce choix.  

En 2015, 26 millions de tonnes de coton ont été produites à l’échelle mondiale, une grande partie de ce montant était destiné à l’industrie de l’habillement. Le coton biologique n’en représente qu’un 1%.

En choisissant le coton biologique plutôt que le conventionnel, un pouvoir d’achat capable d’influencer les marques, les fabricants et les fermiers se met en place.

 

Safia Minney en Inde au début de l'année 2013 avec des travailleurs dans des champs de coton biologiques - People Tree
Safia Minney en Inde au début de l’année 2013 avec des travailleurs dans des champs de coton biologique – People Tree

C’est un petit peu plus clair pour vous ?

Voici un tableau qui reprend la différence entre coton biologique et coton conventionnel. Il présente celle-ci à différentes étapes de la chaîne de production d’un textile en coton.

COTON BIOLOGIQUE COTON CONVENTIONNEL

PRÉPARATION DES SEMENCES

Naturelles, semences sans OGM non traitées Traitées avec des fongicides et/ou insecticides. Peuvent être génétiquement modifiées (semences OGM)

PRÉPARATION DU SOL

Sol sain par rotation des cultures. Conservation de l’humidité dans le sol grâce à l’utilisation de matières biologiques Engrais synthétiques, perte de la fertilité du sol en raison des monocultures, irrigation intensive.

LUTTE CONTRE

LES MAUVAISES HERBES

Création d’un équilibre naturel par le sol sain. Utilisation d’insectes bénéfiques et de culture-appâts pour limiter la prolifération des mauvaises herbes. Programme d’arrosage aérien de pesticides et insecticides. (9 des pesticides le plus généralement utilisés sont considérés comme des agents cancérigènes)

RÉCOLTE

Défoliation naturelle grâce aux températures gelées ou en utilisant un système de gestion de l’eau. Défoliation forcée avec l’utilisation de produits chimiques toxiques.

TEINTURE

Généralement, utilisation de peroxyde sain Blanchiment au chlore, ce qui crée des sous-produits toxiques, qui sont rejetés dans la nature. Utilisation de métaux lourds et de sulfure.

FINITION

Trempage dans l’eau chaude avec de la cendre de soude Eau chaude, tensio-actifs synthétiques, produits chimiques supplémentaires (parfois formaldéhyde).

IMPRESSION

Encres à faible impact, à base d’eau et/ou de pigments sans métaux lourds. Les pigments peuvent être dérivés du pétrôle et contenir des métaux lourds. Le tout peut facilement s’écouler dans les voies navigables, polluant les cours d’eau.

COMMERCE ÉQUITABLE

Critères sociaux mis en place afin d’assurer un environnement sain, sécurisé, non-abusif et non discriminatoire avec un salaire permettant de vivre décemment. Aucun critères sociaux instaurés. Possible utilisation du travail des enfants et/ou travail forcé. Les installations peuvent être non sécurisée et dangereuses pour la santé.

PRIX

Les coûts initiaux sont plus élevés mais les avantages sur le long-terme sont sans prix. Initialement moins cher. Mais les impacts à long-terme sur l’environnement sont dévastateurs.

Il y a une demande croissante pour des textiles et notamment des vêtements plus respectueux de l’environnement, des hommes et des animaux. Des marques éthiques et éco-responsables proposant des produits composés de matières naturelles dont le coton biologique se sont développées.

Dans le même temps un grand nombre de labels permettant de certifier que ces critères sont respectés ont vu le jour. Ils on très vite envahi le marché.

Un logo vert n’est pas forcément réellement synonyme de coton biologique et responsable. C’est pourquoi il est important de faire attention aux labels utilisés par les marques.

Petite liste non-exhaustive de quelques principaux labels auxquels vous pouvez vous fier :

GOTS :

Le Global Organic Textile Standard (GOTS) est le leader mondial en terme de certification des fibres biologiques et plus particulièrement du coton biologique.

Son but est de définir les différentes exigences assurant le statut biologique d’un textile dans toutes les étapes de sa conception.  C’est à dire de la récolte des matières premières jusqu’à l’étiquetage fournissant une assurance crédible au consommateur final.

De plus, il comprend plusieurs niveaux, le plus élevé d’entre eux garantissant qu’au minimum 95% des fibres utilisées sont issues de l’agriculture biologique. Le label exclut aussi les substances toxiques dans la fabrication ou l’impression du textile, ainsi que le respect de conditions de travail décentes. GOTS est le référentiel notamment utilisé par Ecocert.

Donc si vos vêtements en coton biologique sont certifiés GOTS, ce n’est pas du greenwashing ! 

OEKO-TEX :

Le label Oeko-Tex prend en compte les critères santé (il garantit notamment l’absence de substances nocives ou allergènes dans le tissu), environnemental et travail et est donc de ce fait plus orienté sur la santé.

Il se compose de 7 types de labellisation différents: par exemple,  STeP by OEKO-TEX® garantit l’absence de composants dangereux et dans le même temps le respect des conditions de travail. MADE IN GREEN by OEKO-TEX® est composé du niveau d’exigences le plus élevé aussi bien en termes environnementaux que sociaux.

C’est un label auquel vous pouvez vous fier lors de vos achats de vêtements en coton biologique. 

MAX HAVELAAR :

Ce label est garant d’un coton équitable, synonyme de salaires et de conditions de travail décentes pour les producteurs. Il garanti également la culture et production de coton selon des règles commerciales équitables pour les pays producteurs.

Cependant, il est important de noter cependant que ses certifications environnementales sont restreintes. Bien que Max Havelaar proscrive la production de coton OGM, les pesticides ne le sont pas.

Ainsi, un vêtement certifié Max Havelaar ne sera pas nécessairement en coton biologique. 

BioRE :

Le label assure l’utilisation de coton biologique et équitable, et qu’aucun produit chimique n’est utilisé durant les différentes étapes de fabrication du tissu.

BioRE s’engage également auprès des producteurs en garantissant des conditions de travail dignes ainsi que pour la lutte du réchauffement climatique par le biais de la neutralité du bilan carbone.

Green washing et faux coton biologique

Peut-être avez vous déjà entendu parler du label BCI, « Better Cotton Initiative » ? Un nombre conséquent de marques  (telles que Bershka, Okaïdi, Carrefour, Zara, etc) y sont affiliées. 

Celui-ci prône le respect de l’environnement et des hommes. La réalité est tout autre. Elle tend plus vers le greenwashing que vers la garantie réelle d’un coton biologique et  responsable.

Ces informations ont été révélés par l’équipe de journalistes de Cash Investigation. Ils suivent les traces de ce fameux coton BCI  au Bangladesh et en Ouzbékistan. 

Dans celui-ci, les journalistes mettent en avant les fausses promesses du label. Par exemple, les entreprises adhérentes au BCI ont pour obligation l’achat de coton BCI. Cependant, en aucun cas elles ont celle de l’utiliser par la suite.

Le coton BCI soit disant coton biologique peut donc être cultivé avec des pesticides ou génétiquement modifié. En fait, le label BCI n’impose pas aux producteurs l’interdiction d’utiliser des pesticides ou des OGM.

Ainsi,  ce cahier des charges peu conséquent a permis l’essor du coton BCI. Il  représentait 12% du coton mondial en 2017. Et cela au détriment de la production du coton biologique qui a grandement chuté ces dernières années.

Voici autant de raisons de boycotter ce label.

Alors, c’est compris ?

Choisir du coton biologique c’est avoir un impact positif conséquent sur la planète. Et pas des moindres,  tant il est utilisé à de nombreux endroits et tant il est impliqué dans nos vies !

C’est favoriser la biodiversité et la rotation des cultures afin de laisser les terres s’oxygéner de manière naturelle. Mais c’est également respecter les saisons et consommer l’eau de façon plus modérée.

C’est aussi limiter l’utilisation d’engrais chimiques au profit de solution éco-responsables et naturelles.

Et finalement, c’est aussi s’engager pour des conditions de vies plus justes pour tout un tas de travailleurs.

 

Femmes portant du coton biologique - photo prise par Joerg Boethling
Femmes portant du coton – Joerg Boethling

Si cet article vous a plus, vous pouvez également lire notre article sur les vêtements en chanvre, autre fibre naturelle éco-responsable ! 🙂

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